7/23/2017

Strawberry shortcake in a jar | Génoise, crème de mascarpone au miel et fraises Mara des Bois




Je m’étais levée tôt, avant même que le soleil ne fasse jouer ses rayons dans l’arbre dont on devinait la silhouette dans les interstices des volets persiennes. Les cigales ne chantaient pas encore, la nature était en doux éveil, seule la cafetière à piston, encore tiède et posée sur la table de la cuisine, laissait deviner qu’une âme plus matinale encore s’était glissée dans la cuisine quelques instants plus tôt.
Je me faufilais dehors. Je sentais sous mes pieds nus les dalles de pierre fraîche, je percevais le bruit singulier du frottement de peau sur cette roche polie. De ma tasse de thé, émanaient des parfums de bergamote et qui, s’en échappant, se mêlaient à l’odeur d’une garrigue environnante. Pins d’Alep, lavande, bois d’olivier, l’alchimie faisant, cette luxuriante végétation, enracinée dans les calcaires alentours, s’invitait olfactivement pour le petit-déjeuner.
Tel un chat, je m’installais sur la chaise, en boule et j’écoutais le silence du hameau. Mon regard s'arrêtait sur chaque détail que le tableau avait à offrir : les nervures des feuilles de laurier, le linge que la chaleur avait rendu un peu rêche et s'enroulant autour d'une corde raide, les brindilles de bois se mélangeant à un gazon brûlé par endroit...  J’imaginais le geai, qui semblait avoir fait son nid à quelques battements d’ailes d’ici, sortir de ses plumes et dévoiler ses nuances bleu de Prusse, gris perle, noir de jais.
Le figuier, venait, de ses longues et lourdes branches, habiller la terrasse, lui donner des airs de jungle domestiquée. Ses fruits, prématurément tombés, jonchaient le sol de couleur bisque, le mouchetant de vert empire, comme une peinture impressionniste, comme un pied de nez au naturalisme de Van Gogh qui chérissait la Provence.
Tout ici était calme et volupté, le sommeil se dérobait lentement, laissant chaque membre de mon corps s’animer avec préciosité. Je sentais l’air chaud frôler ma nuque, et jouer dans les quelques mèches dorées s’échappant d’une attache faite à la hâte. Le vent rasait la surface indigo  de la piscine, dans laquelle je plongeais ma main, je jouais à faire des ronds, des ploufs et des sauts de puce du bout des doigts. J’étais happée par les mouvements de l’eau, ses ondes rapprochées qui progressivement  s’évanouissaient dans cette masse chlorée. J'essayais tant bien que mal de me concentrer sur ma lecture mais une fois encore, je me surprenais à relire pour la troisième fois la même ligne, les mêmes mots. Non, le ciel attisait trop ma curiosité, les branches des palmiers dansaient avec les zébrures de kérosène. Je me surprenais à tourner sur moi-même, à laisser tout mon être tanguer délicatement sur un fil imaginaire. Je laissais mon dos se cambrer, la tête me tournait un peu, comme c'était euphorisant.  Je fermais les yeux et revoyais cet impressionnant château d’Aiguines, cerné de vignes et dont l’imposante tourelle laissait échapper les notes des Gnossiennes d’Erik Satie. Les flots azuréens du Lac de Sainte-Croix s’invitaient dans ma rêverie, les montagnes émeraude, leurs senteurs singulières de thym et de glaise. Les eaux cristallines débordaient, elle s'engouffraient en rigoles dans les volumétries variables  de ce vertigineux panorama. J'entendais son rire, ses plics et ses plocs, sa course effrénée le long des écorces et des terres argileuses. 
Je devinais alors les premiers bruits de la maison, un drap que l’on dégage d’un corps encore engourdi,  un rideau que l'on tire, une porte qui s’ouvre… Ma quiétude allait être troublée. Peu m’importait la part de rêve était ici, en ces lieux, surtout éveillée. J’allais continuer de collectionner les instantanés de vie, les photographier d’un battement de paupières pour mieux les raconter aux étoiles quand le ciel ce serait rendormi. 


INGRÉDIENTS POUR 2 GROSSES VERRINES (ou 4 petites)

Gâteau au yaourt :

1 pot de yaourt
2 pots de sucre en poudre
3 œufs
½ pot d’huile neutre (ou d’olive)
3 pots de farine avec levure incorporée

Crème de mascarpone au miel :

250 g de mascarpone
60 g de miel
1 pincée de vanille en poudre

Pour la garniture aux fraises et le coulis de fraises :

500 g de fraises mara des bois
1 citron vert
1 cuill. à soupe de sucre en poudre

PRÉPARATION :

1. Préparer le gâteau au yaourt :
Préchauffer le four à 180°C.
Dans un saladier mélanger le yaourt avec le sucre et les œufs. Ajouter l’huile puis la farine avec levure incorporée. Beurrer et fariner un moule à cake, verser la préparation au yaourt dedans puis faire cuire 30/35 minutes. Sortir du four, laisser refroidir et démouler. Découper quelques tranches puis les hacher finement en morceaux.

2. Préparer la crème de mascarpone :
Dans un saladier battre le mascarpone à l’aide d’un fouet électrique, ajouter les 60 g de miel puis une pincée de vanille en poudre. Réserver au frais.

3. Préparer le coulis de fraises et les fraises :
Laver et équeuter les fraises, réserver 250 g  pour le dressage en verrine. Mixer les 250 g restants avec le jus de citron vert et 1 cuillère à soupe de sucre.

4. Dresser les verrines :
Dans le fond des verrines répartir la moitié du gâteau au yaourt finement haché. Déposer de la crème au mascarpone au miel, ajouter les fraises puis un peu de coulis. Renouveler l’opération une fois.

Réserver au frais jusqu’au moment de servir.







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